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La maison romaine
(Source : Tout l'Univers, Hachette, n 145, semaine du 29 juillet au 5 août 1964)

La vue des merveilles d'autrefois nous étonne toujours et éveille notre curiosité. Nous nous posons parfois à leur sujet toutes sortes de questions. Savez-vous, par exemple, si les fenêtre des belles demeures romaines avaient des carreaux ?

Nous essaierons aujourd'hui de répondre à cette question et à dautres du même ordre.

Le verre était connu des Romains (ils en avaient appris la technique de l'Orient et en firent surtout des coupes et des vases) ; pourtant il ne fut guère utilisé pour fabriquer les vitres.

Sous l'Empire, les fenêtres des maisons les plus riches étaient garnies de lames très minces de sélénite, qui étaient translucides - c'est-à-dire que, sans être absolument transprentes, elles laissaient toutefois filtrer la lumière. Lorsqu'on se servait du verre, les plaques en étaient si épaisses, si grossières, qu'elles ne dispensaient pas plus de clarté. Grâce à lui, cependant, on put rendre plus confortables les chambres à coucher, les salles de bains, et même les litières ! Néanmoins, les Romains durent le plus souvent se contenter, en guise de carreaux, de planches de bois ou d'un simple morceau de toile, et choisir entre l'obscurité ou les courants d'air ! Peut-être est-ce la raison pour laquelle les fenêtres étaient si rares dans leurs maisons qui sont pourtant les plus lumineuses, les plus aérées, les plus saines que l'on ait jamais construites. Pour mieux nous en rendre compte, étudions les principales caractéristiques de ces habitations.

Une précision importante

La maison dont nous allons parler est très typique, mais ce n'est pas celle qu'habitaient tous les Romains. Elle avait le nom de domus et, même à l'époque impériale, on en comptait moins de 1800 ; à côté de ces "hôtels particuliers", il y avait 46000 grands immeubles de rapports à plusieurs étages, les insulae, qui étaient loués par appartements. Seules les familles les plus fortunées, les patriciens et les marchands aisés, pouvaient donc disposer d'une maison comme celle que nous allons décrire.

La visite d'une "domus"

vue de l'extérieur
Ensemble d'une "domus" romaine, vue de l'extérieur.

Voyons tout d'abord son aspect extérieur. Il s'agit d'une habitation à un seul étage ; parfois s'y ajoute un portique ou une pièce surélevée. Les façades ne sont pas particulièrement belles ; les fenêtres ne sont que d'étroites soupiraux extérieurs, percés dans la maçonnerie pour les besoins de l'aération. Dans son ensemble, vue du dehors, la fameuse "domus" romaine apparaît simple et même assez austère. Mais franchissons le seuil...

vue de l'intérieur

Intérieur d'une maison patricienne, vue de l'atrium. Au premier plan, l'atrium et son impluvium ; plus loins, le tablinum, où bavardent des dames romaines (matrones) ; derrière, le péristyle (jardin entouré d'un portique).

Dès l'entrée, l'aspect est tout à fait différent. Une grande cour intérieur, luxueuse et très lumineuse nous accueille : c'est l'atrium. Mais d'où lui vient toute cette clarté ? Du... toit ! Dans le plafond se découpe une large ouverture rectangulaire à travers laquelle apparaît le ciel bleu. Et quand le temps est couvert ? Le cas a été prévu : sous l'ouverture (commée compluvium) s'étend une vasque peu profonde, mais suffisante pour recueillir les eaux de pluie (qui serviront aux besoins de la maison). Cette sorte de bassin est l'impluvium ; un vélum peut être tendu à l'intérieur de la pièce pour le soustraire aux regards.

De chaque côté de l'atrium, des portes s'ouvrent sur plusieurs pièces ; au fond, au contraire, se trouve une salle presque dépourvue de parois : c'est le tablinium. L'illustration ci-dessus les représente un jour d'été ; la maîtresse de maison est là, qui bavarde avec des amies. En hiver, cette pièce est fermée du côté du jardin par une cloison et, du côté de l'atrium, par une tenture (actuellement tirée). On accède alors au jardin par un corridor latéral.

Dans la "domus" romaine, chaque local a un usage particulier : les chambres d'habitation (cubicula) se disposent généralement de chaque côté de l'atrium ; la salle à manger, appelée triclinium, est à côté du tablinum. Parfois, des pièces bordent aussi le jardin, mais celui-ci est le plus souvent entouré d'un portique à un ou deux étages et soutenu par des colonnes, le péristyle. Ce petit jardin es très intime, protégé des regards curieux des voisins ou des passants. C'est l'une des plus belles parties de l'habitation. Les maîtres de maison l'entretiennent avec beaucoup de soin et l'embellissent de statues, de fontaines. On y plante des fleurs (roses, violettes, lis) et des plantes vertes. Un jet d'eau jaillit au milieu. Au fond, une peinture en trompe-l'oeil dessine une lointaine perspective, un jardin immense.

Ainsi la "domus" a-t-elle de l'air, de la lumière, des espaces ouverts, sans rien perdre cependant de son intimité, car elle est entièrement tournée vers deux locaux intérieurs : l'atrium et le jardin. Cette solution architecturale, originale et très rationnelle dans un pays méridional, a fait de la maison romaine un modèle d'habitation urbaine qui n'a jamais été dépassé.

domus pompéienne

Une magnifique "domus" pompéienne

Voici la reconstitution d'une très belle habitation romaine dont Pompéi a conservé les ruines. Elle avait 93 m de long et 38 de large. Les pièces réservées au maître de maison étaient placées au centre ; tout autour se succédaient des boutiques qui avaient une issue particulière sur la rue. Les étages supérieurs comprenaient les logements annexes des boutiques.


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