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La Gaule

Nom donné par les Romains à un vaste territoire bordé

  • à l'ouest par l'océan Atlantique,
  • au sud par les Pyrénées et la Méditerranée,
  • au nord par la Manche,
  • à l'est par les Alpes et le Rhin,

correspondant et dépassant les frontières actuelles de la France.

Ses habitants, appelés Gaulois, étaient des Celtes.

La première mention de la Gaule remonte à 600 av. J.-C. environ, lorsque des Grecs phocéens fondèrent une colonie à Massilia (Marseille) sur la côte méridionale. Les Grecs appelèrent par la suite le pays Galatie, qui devint Gallia à l'époque romaine.

Les Romains distinguaient

  • la Gaule transalpine (ou Lyonnaise, ou ultérieure) parce que située au-delà des Alpes,
  • la Gaule cisalpine (Italie du Nord) comprenait (vers 60 av. J.-C.) d'une part, la Gaule «chevelue» (ou Trois Gaules) composée de la Gaule belgique, de la Gaule celtique et de l'Aquitaine,
  • la Province (Provincia) ou Narbonnaise, soumise à Rome.

Bien avant la conquête romaine, vers 1100-1050 av. J.-C., les Celtes avaient pénétré par vagues successives, se confrontant aux populations déjà présentes, dans les régions qui forment aujourd'hui la Belgique, la Suisse, les îles Britanniques et l'Espagne.

La Gaule transalpine formait non pas un seul état, mais plus de soixante états indépendants et rivaux. Ces peuplades (civitates) se différenciaient souvent par leur langue, leurs coutumes et leurs lois. Jules César, dans ses Commentarii de bello gallico (Commentaires de la guerre des Gaules), décrivit sa conquête de la Gaule dite transalpine. Son récit est fort instructif, même s'il ne fait pas mention de toutes les tribus.

Selon César, chaque nation se composait de plusieurs tribus. Les Celtes comprenaient les Helvètes, les Séquanes et les éduens le long du Rhône et de la Saône, les Arvernes dans les montagnes des Cévennes, les Carnutes et les Sénons le long de la Loire et les tribus armoricaines, ou maritimes, comme les Vénètes, entre la Loire et la Seine. Les Belges comprenaient les Bellovaques, les Nerviens, les Suéssiones, les Aduatuques, les Rèmes et les Ménapiens. Une des tribus d'Aquitaine s'appelait les Tarbelli. Le nom de plusieurs tribus est resté dans celui de villes françaises, comme Soissons (Suéssiones) et Reims (Rèmes) ou Paris (Parisii).

Les Gaulois étaient dirigés par une aristocratie de grands propriétaires terriens. Grands cultivateurs, ils défrichaient de vastes clairières pour cultiver le blé, l'orge, le lin et le chanvre. Ils utilisaient la charrue à roues et coutre (caruca). En revanche, arbres fruitiers et vignes leur étaient inconnus. Ils élevaient des chevaux de selle, des bœufs de trait ainsi que des vaches laitières et des troupeaux de moutons et de porcins. En cas de danger, la tribu se réfugiait dans l'oppidum (ville ou village fortifié souvent en hauteur, qui sert de chef-lieu, de marché, de rassemblement d'ateliers, parfois de centre de pèlerinage). Habiles artisans, ils travaillaient le bois pour confectionner leurs charrettes et bateaux. Pour renfermer les liquides, ils inventèrent les tonneaux de bois alors que Grecs et Romains ne connaissaient que les jarres en argiles. Métallurgistes hors pair, ils travaillaient le cuivre, le bronze et le fer afin de créer outils, armes et bijoux (dont le fameux torque) richement décorés. Ils tissaient des étoffes aux couleurs vives. Ils portaient des braies recouvertes d'une tunique courte. L'art gaulois d'avant la conquête romaine est directement issu de l'art celte. Il en reste des vestiges dans plusieurs villes du sud et du centre de la France, notamment à Vix, Ensérune, Roquepertuse, Entremont et Glanum.

Le commerce maritime et terrestre était très actif. Leurs routes, moins larges que celles des Romains, étaient des chemins de terre renforcés de fagots et de rondins à la traversée des terrains humides. Les voies navigables furent davantage empruntées par les Gaulois. Les peuples d'Armorique (Bretagne) étaient d'excellents navigateurs qui allaient quérir l'étain en Angleterre. Les monnaies gauloises commencèrent à circuler à partir du IIIe siècle av. J.-C. Succédant aux haches et aux lingots, elles furent une imitation du stratère d'or de Philippe II de Macédoine.

Les bardes, semblables aux aèdes homériques, récitaient des poèmes destinés aux riches familles. Cependant, nous ne connaissons rien de cette littérature, car elle était non écrite. Les Gaulois avaient pourtant subi une certaine influence des Grecs. Dès 600 av. J.-C., des colons de la ville de Phocée en Asie Mineure avaient fondé Marseille. Les druides, issus des grandes familles, étaient les seuls Gaulois «instruits», à la fois prêtres, savants et juges. Leur assemblée se tenait annuellement dans la forêt des Carnutes. Polythéistes, les Gaulois vénéraient de nombreuses divinités de la nature : les fontaines, certaines roches, des arbres. Les druides présidaient à la cérémonie de la cueillette du gui. Les Gaulois pratiquaient des sacrifices humains : Teutatès (dieu de la Guerre) exigeait des victimes noyées; Taranis (dieu du Tonnerre), des brûlés vifs dans un mannequin d'osier!; Esus, des hommes suspendus à un arbre et déchiquetés, etc.

Les Romains conservèrent un souvenir terrorisé de l'invasion de 390 av. J.-C., pendant laquelle les Gaulois pillèrent leur ville. Dès 124 av. J.-C., les Grecs de Marseille menacés par des tribus gauloises ont fait appel à Rome. Celle-ci franchit les Alpes et, pour maintenir la paix, occupa la vallée du Rhône et la côte méditerranéenne, assurant ainsi la liaison entre l'Italie et les possessions romaines en Espagne. La région conquise prit le nom de Provincia romana, d'où vient le nom de la Provence. L'armée romaine l'utilisa comme base de départ pour conquérir la Gaule. Jules César fut nommé gouverneur de la Gaule cisalpine et de la Narbonnaise en 59 av. J.-C. Il conquit le reste de la Gaule de 58 à 51 av. J.-C. L'occasion lui en fut donnée par une nouvelle invasion des Germains. Appelé par un royaume gaulois, César entra en Alsace et rejeta les Germains au-delà du Rhin. Cependant, les Gaulois s'insurgèrent contre l'envahisseur à l'appel des druides. En 52 av. J.-C., ils désignèrent un jeune noble comme chef : Vercingétorix. Vainqueur à Gergovie, ce dernier fut assiégé à Alésia. César fit connaître ses exploits aux Romains dans ses Commentaires de la guerre des Gaules. Huit ans avaient suffi à Rome pour pacifier la Gaule, alors qu'il lui fallut deux siècles pour se rendre maître de l'Espagne. Cette victoire fut non seulement le fait du génie militaire de Jules César, mais fut en partie la conséquence de la division des tribus gauloises. En 69 apr. J.-C., le Batave Civilis tenta vainement de s'affranchir de Rome. La Gaule allait se romaniser rapidement et devenir une des régions les plus riches du monde romain.

Les territoires conquis par les Romains furent organisés en provinces. En 49 av. J.-C., Jules César octroya la citoyenneté romaine à tous les habitants des villes. De nombreux Romains illustres naquirent en Gaule cisalpine, dont Virgile et Catulle, Tite-Live, Pline l'Ancien et Pline le Jeune. En 27 av. J.-C., Auguste scinda la Gaule en quatre provinces administratives : la Gallia narbonensis (Gaule narbonnaise), s'étendant des Alpes aux Cévennes, l'Aquitania, barrée au nord par la Loire et incluant quatorze tribus de plus que l'Aquitaine originelle établie par César, la Gallia lugdunensis (Gaule lyonnaise), comprenant le territoire entre la Loire, la Seine et la Sâone et dont le nom provient de la ville de Lugdunum (Lyon) et la Gallia belgica (Gaule belgique) entre la Seine et le Rhin, dont la frontière nord était la mer du Nord. Cette division administrative dura jusqu'au début du IVe siècle apr. J.-C., lorsque Dioclétien réorganisa l'empire. La Gaule fut une nouvelle fois scindée en deux régions, chacune comportant plusieurs provinces. Sous l'Empire romain, le sort de la Gaule fut étroitement lié à celui de Rome.

Les arènes et la Maison Carrée de Nîmes, le théâtre d'Orange, le pont du Gard, les villes de Vaison-la-Romaine, Vienne, Lyon (Fourvière), etc., ainsi que les vestiges de grandes villae (Montmorin) et la découverte de nombreuses céramiques sigillées témoignent de la richesse de la civilisation gallo-romaine. Les religions coexistèrent et les divinités autochtones furent associées aux dieux officiels. Le christianisme pénétra dans les campagnes. Au IIIe siècle, la Gaule subit les premières invasions germaniques. Au Ve siècle, avec la chute de l'Empire romain d'Occident, la Gaule fut submergée par les vagues successives de Goths, Francs et Huns. En 486, les derniers postes avancés romains en Gaule capitulèrent devant Clovis Ier, lequel, premier souverain de la dynastie des Mérovingiens, instaura l'unité territoriale du royaume franc, ancêtre de la France.

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