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Guerre des Gaules

Gergovie

Nos soldats, au signal donné, parviennent vite à la fortification, la franchissent et se rendent maîtres de trois camps. Leur rapidité dans la prise des camps fut si grande que Teutomate, roi des Nitiobriges, surpris dans sa tente où il faisait la sieste, s'enfuit la poitrine nue, que son cheval fut blessé et qu'il échappa difficilement aux soldats qui faisaient leur butin (1).

César, ayant atteint le but qu'il s'était proposé, ordonna de sonner la retraite [et fit faire halte à la dixième légion, mais] les soldats des autres légions n'entendirent pas le signal de la trompette, car ils étaient séparés par une vallée assez grande, [et,] exaltés par l'espoir d'une victoire rapide, par la fuite de l'ennemi et par leurs succès précédents, [...] ils ne cessèrent leur poursuite qu'à l'approche du rempart et des portes de la ville. [...] Lucius Fabius, centurion (2) de la huitième légion, [...] prit trois de ses soldats, se fit hisser par eux et monta sur le mur, puis, les tirant à lui, un à un, il les fit monter sur le mur [...]

Cependant, ceux des Gaulois qui s'étaient rassemblés de l'autre côté de la place forte [...] pour y faire des travaux de défense [...] envoyèrent les cavaliers en avant et s'y portèrent eux-mêmes au pas de course. A mesure qu'ils arrivaient, ils s'arrêtaient au pied du mur et augmentaient le nombre des combattants. [Les Romains durent alors soutenir] une lutte qui n'était égale ni par la position ni par le nombre ; en outre, épuisés par leur course et la durée du combat, ils ne purent pas tenir tête facilement à des troupes fraîches et intactes [...]

Tandis qu'un corps à corps acharné s'engageait [...] on vit tout à coup paraître sur notre flanc découvert, les éduens (3) que César avait envoyés sur la droite, par une autre montée, pour faire diversion. La ressemblance de leurs armes avec celles de l'ennemi épouvanta les nôtres ; et quoiqu'ils eussent l'épaule droite découverte, ce qui était le signe de reconnaissance, nos soldats crurent que c'était une ruse employée par les ennemis pour les tromper [...]

Les nôtres, attaqués de toutes parts, furent chassés de leur position, après avoir perdu quarante-six centurions. Mais la dixième légion retarda les Gaulois trop ardents à les poursuivre [...] Les légions, dès qu'elles eurent gagné la plaine, s'arrêtèrent et firent face à l'ennemi. Vercingétorix ramena ses troupes du pied de la colline à l'intérieur des retranchements. Cette journée nous coûta un peu moins de sept cents hommes.

  1. Les soldats qui pillaient son camp.

  2. Commandant d'une centurie. Une légion romaine (environ 5.000 soldats) était divisée en 10 cohortes. Chaque cohorte était divisée en 3 manipules et chaque manipule en 2 centuries. Dans une légion il y avait 30 manipules et 59 centuries (et non pas 60 parce que la première cohorte n'avait que 5 centuries au lieu de 6).

  3. Peuple celte allié des Romains.

(Jules César, La guerre des Gaules, Livre septième, chapitres XLVI à LI, traduction de Maurice Rat)

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